Ce forum, vous l’aurez compris, se propose de faire un tour d’horizon de l’activité de la maison en matière d’éducation artistique.
Mais qu’est-ce au juste que l’éducation artistique ?
Pour ce qui nous concerne, ce sont environ 40 000 jeunes qui, chaque année, viennent soit aux spectacles soit au cinéma ou faire la visite d’une exposition. En amont de cette venue, il y a des rencontres entre le personnel enseignant et les chargés des publics du Parvis. Ensemble, sont organisées des rencontres avec les artistes et mis en place des ateliers, des stages ou des conférences. De ces rencontres naissent des complicités qui génèrent souvent de nouveaux projets.
L’importance de l’éducation artistique et culturelle dans la formation des enfants et des jeunes est régulièrement soulignée par les pouvoirs et institutions publiques et fait aujourd’hui largement consensus. Il n’en demeure pas moins que l’enseignement des arts reste le parent pauvre du cursus scolaire.
Dans le même temps et pour le plus grand nombre, l’accès à la culture ne passe pas nécessairement par une pratique artistique, ni même par la fréquentation des institutions culturelles car il se nourrit d’abord de biens de consommation produits par l’industrie des loisirs.
Si la télévision, le téléphone portable et Internet, mobilisent en moyenne deux heures par jour les 15-24 ans, il n’en demeure pas moins que l’opposition classique entre culture cultivée et culture de masse n’a pas perdu de sa pertinence. Internet ne change rien à l’affaire. Plus on est cultivé à la base et plus les chances de le demeurer sont grandes. Tels sont les enseignements d’Olivier Donnat (Les pratiques culturelles des Français à l’ère du numérique. Éditions de la Découverte/ Ministère de la Culture). Les résultats de cette enquête confirment à bien des égards les analyses de Bourdieu établies dès les années 60 d’une forte corrélation entre le niveau de diplôme et l’engagement dans la culture.
Alors, on pourra chanter tant que l’on veut les louanges de nouveaux médias, on pourra espérer voir naître autant que l’on veut une politique éducative où les arts aient toute leur place, on ne changera rien au fait que le goût pour l’art et la culture s’acquiert et se transmet. Or ce plaisir se développe d’abord dans le rapport direct aux œuvres et aux artistes. Éprouver des sensations face à l’œuvre d’art n’est-ce pas justement le point de départ à partir duquel tout s’engendre, accueillir l’altérité c’est accepter le détournement de soi-même pour une rencontre féconde. Il n’y a pas de tâche plus urgente.
Voici très modestement décrite notre mission en la matière.
Marie-Claire Riou